L’amante au bois dormant

Réveiller la douleur de l’art.

Cela fait seulement 6 ou 7 ans et c’est déjà une éternité. Toi, tu as tellement changé. Tu es devenu insensible. Et moi, je ne sais plus écrire … j’ai la tête engourdie.

L’art fait souffrir. Pour l’instant, c’est la seule chose qui se soit rappelée à moi aussi vite. Car … à l’intérieur de moi, l’art est mort. Je ne me souviens pas de cette fille qui a dit ou pensé toutes ses choses.

Est-ce que l’amour aiguise l’esprit ? C’est on dirait bien ce que tu as su faire de moi ces années-là : une jeune fille « aiguisée ».

Maintenant, le temps a passé. Et je ne retrouve plus les derniers emails que je t’avais adressé. Je les cherche toujours parce que j’aimerais savoir ce qu’elle t’a dit, cette autre fille de moi, la dernière fois. Je me souviens seulement qu’elle voulait te détester pour pouvoir t’oublier.

Aujourd’hui, je me souviens, ou plutôt, je me rappelle avec toi pourquoi tu la faisais souffrir. Tu n’étais que le mirage de lui. Un homme qui n’existe pas. La forme de mes rêves. Le fantôme de mes espoirs.

Et je decouvre sur tellement d’autres blogs qu’il existe des milliers d’autres filles comme moi que tu as fait souffrir.

Nous sommes toutes seules à n’attendre que toi. A te détester quand tu ne viens pas. A feindre de t’ignorer quand tu ne donnes rien.

On se pose toutes la même question : pourquoi toi et la baise, c’est une alchimie qu’on ne rencontre jamais ? Et on cherche des coins de rue, des coins de café, des coins de Tinder ou Facebook où le paradis serait open bar.

… parce que la vraie réponse, c’est que : l’amour et la baise, ou l’amour et le désir si tu préfères, sont deux choses bien liées … qui peuvent s’additionner. Mais toi seul, tu sais compter.

Cette conclusion vous paraît romantique ?

Pour moi, le constat est amère. … Et l’absence de ta peau ? … Et pourquoi faire notre vie ??

Lire la suite de "L’amante au bois dormant"

Au lieu de Lui

Je ne sais plus comment on fait … pour survivre encore … en attendant l’autre partie de toi qui vit loin d’ici. Lui qui ne veut pas de moi même si son corps dit oui.

Ponctuation sans suspension pour les amours sans espoirs. Et pour faire boire mon cœur jusqu’à en être saoule, je voudrais prendre sa queue dans ma bouche. Au lieu de lui; j’avale mon vague à l’âme. Désir mortel que je sustente avec mes larmes.

Lui : il vit, il aime, il jouit.

Moi, j’ai pourtant existé avant, donc je suis. L’autre partie d’une moitié sourde. J’ai une envie inassouvie. Je suis la soif morte au soleil. Je suis le temps qui passe et qu’il ne compte pas. Je suis son rêve et il ne me souhaite pas. Je suis sa femme qu’il n’embrasse pas.

Melody Desranges La Chambre Noire Au lieu de lui

Maintenant, je danse pour le séduire. L’autre partie de mon corps. Je suis la vue et le parfum. Je suis des mots qu’il n’entend pas. Je suis moite. Sans goût, sans odorat et sans pouvoir toucher. Je suis insipide.

Il jouit avec d’autres femmes. Il aime me regarder faire ma vie.

Il aime quand je bois ses apparitions et quand je me caresse pour lui.

Je respire encore, donc je suis. Vivante, et j’en suis saoule. Des caresses sans amour avec d’autres prénoms. Des jouissances sans saveur et je compte les nuits. Des larmes à me pendre de ton absence, de mon cœur qui fait mal à mon corps de te dépendre, et de mon corps qui sabre mon âme de te vouloir. Je suis laissée là. De la viande en attendant un signe de ta part.

Si tu le sais, sauve moi.

Je disparais dans ces histoires.

Ponctuation sans suspension de ces histoires où mon existence reste à part.

Lire la suite de "Au lieu de Lui"

Le premier jour

Je me reveille doucement d’un long coma … où mon corps s’est endormi sur des années.

Rêve éveillé, (… brouillard) rêve éveillé, (…bruit sourd), rêve éveillé (…interférences), rêve éveillé laaaaaaaarrrsen !!!

Hypnose des sens que la décence impose.

J’ai ouvert la porte condamnée.

Poser un pied nu sur le sol … les chevilles dans la fraîcheur de l’herbe du matin … écarquiller les orteils … entremêler les brindilles avec son corps … se mettre à genoux, avoir envie d’être nue au vent, ramper, et se souvenir de tes caresses … et se souvenir de tes mots … et se souvenir du manque à en crever … aaaahhhhhhhhh !!!

Qu’on me rende le silence … je veux …

C’est du passé … je veux …

C’est fini … je veux encore …

Laisse mon corps là où il est s’il te plait, … je veux tes mots, je veux ta bouche, tes mains sur mes seins, et ton souffle sur mes lèvres, et ta peau brulante dans l’intérieur de mes cuisses, et mon coeur sous tes doigts et ta queue qui pénètre en moi …

je n’ai jamais cessé d’aimer ça, et je n’ai jamais cessé d’aimer toi

Oh s’il te plait réveille-moi et fais moi mal encore

Melody Desranges La Chambre Noire Le premier jour

Lire la suite de "Le premier jour"