La connasse qui dérange

Melody Desranges La Chambre La connasse qui dérange

Autour de moi. Tout le monde connaît ma passion pour les chansons aux paroles bizarres. Parfois, je traverse des nuits qui y ressemblent. Certaines sortent d’un épais brouillard. Parfois, même moi, je ne peux pas croire que je vis cette vie-là. Ils m’embrassent et ils me bercent dans leurs bras. Ils ont les meilleures intentions pour moi. Souvent, ils aiment la fille qui écoute des chansons bizarres.
Parfois, tout est tellement intense. Leur regard quand ils pénètrent en moi. La douceur qu’ils déploient. Leur fragilité quand ils jouissent en moi. Tout est tellement intense que je n’y crois pas deux fois. Ni avec la même dose d’alcool, ni avec la même personne.
Parfois, on n’a même pas besoin de ça : de la bite. Je rends timide les grands queutards. Ils voudraient juste écouter de la musique avec moi et que je m’endorme dans leurs bras. Et pour que le rêve ne meurt pas. Sexe ou pas, je ne recommence pas. Quand bien même c’était simplement bon ce soir-là …
Ils fument le cigares. Ils tindent à tout va. Ils draguent en parlant géopolitique, plus-value, K€ ou M€ sans limite de chiffre, et contrats. Ils connaissent par cœur le cul des filles qui ont envie de se faire défoncer parce qu’elles aiment ça. Moi j’ai de la peine pour elles. Et moi (c’est lui qui le dit) je suis la pucelle au cœur de « princesse Diana ».
Éternellement vierge à chaque fois. À chaque fois sur la réserve. Quand je dis des mots vulgaires. On dirait que j’utilise un pouvoir que je ne comprends pas. En début de soirée, ils me qualifient de « jolie mais … connasse » parce que je ne suis ni à vendre, ni gratuite. Après quelques verres, je suis la jolie fille « étrange » d’un autre système d’échange qu’on ne comprend pas. Princesse Diana offre un peu de rêve. Elle fait aussi bander avec son maquillage outrancier, certainement raté. Et ils voudraient eux aussi avoir le droit d’avoir une femme comme ça.
Tard dans la nuit, je rentre chez moi. C’est déjà le lendemain et ils demandent toujours si on reverra. Je dis toujours que : seul à l’envie, on obéira. Est ce qu’on refait deux fois le même rêve ? … pas moi en tout cas.
Toute la semaine, ils réfléchissent. Toute la semaine, ils me harcèlent. Quelque chose a changé. On dirait qu’on a envie de faire l’amour … au lieu de baiser. Ils tentent toutes les stratégies pour me convaincre. Ils cherchent toujours le mode d’emploi.
Moi, je bloque leurs messages. Ou je réponds dans l’impersonnalité la plus totale que je suis très occupée. J’attends qu’ils se lassent. Je sais qu’après tout ça, je suis vraiment une connasse. Celle qu’ils ont croisée ce soir-là … ou celle qui ne savait pas où aller à la fermeture des bars … pour faire quoi ?
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Le destin d’une salope et puis ses rêves

Melody Desranges La Chambre Noire Le Destin d'une Salope et ses reves

Aujourd’hui. Pas de musique. J’en ai trop entendu hier soir. Mes oreilles réclament le silence, et mon corps le repos aussi.
Quand mon corps ne fait rien, il écrit. J’essaie de le faire taire. Mais c’est comme de boire la mer. J’avale et j’avale. Et il y a toujours une autre vague qui m’emporte avec elle. Un autre sujet. Une autre nuit que j’aimerais vous dicter. Un autre moment où je suis en train de flâner.

Certains hommes aiment les intrigues. C’est vrai. Mais beaucoup d’hommes ne veulent que du cul. Et encore plus nombreux sont-ils à ne vouloir qu’une femme leur appartienne que pour ce qu’elle a de pratique. La lessive, le ménage, le partage des crédits et des charges, la mère de substitution, et la baise gratuite en terrain déminé … quand tu te lèves le matin et que tu te maquilles uniquement pour tes collègues de bureaux et les gens que tu croises dans le métro, mais que tu es capable de sortir au resto avec ton mec dans les mêmes vêtements que la veille … laisse tomber, toi aussi, tu t’es déjà donnée !!

Les hommes intrigués aiment tomber amoureux. Ils rêvent de ce que je ne dis pas. Pourtant je ne pense pas. Et je ne suis même pas celle qu’ils imaginent de moi. Je suis juste une sensation heureuse et amère qui plane sur chaque instant. La gardienne du temple des émotions fragiles. La garantie authentique, et à moitié vide, des années qui s’égrènent dans le sablier.
Les mots ne pourraient pas décrire. Pourtant ils en existent, des mots. Mais je ne sais pas encore utiliser ceux-là. Je suis trop jeune pour ça.

Les hommes intrigués sont des hommes amoureux. Pourtant je ne fais aucun mystère.
Je ne suis pas dramaturge. Je me sers de ma vie pour lâcher quelques lignes.
J’aurais voulu écrire des romans et j’ai jamais réussi à imaginer que dalle.
Je suis le rôle de ma vie qui dicte la fiction. Je suis le rêve qui déforme le réel.
Je prends les mauvaises décisions. Elle me prouvent que je suis vivante.
Je suis insolente. Le destin d’une salope entre les mains ne m’en convienne … j’ai choisi d’assumer pour ne rien sacrifier à la médiocrité … Ni modèle traditionnel, ni confort, ni sécurité … qui m’aurait lentement, mais sûrement, annihilée dans la masse, la foule des banlieusards et la populace du quotidien.
Je les ai tous larguer là où ils voulaient tous m’emmener.
Alors, oui, c’est vrai … Ma vie, c’est de la merde. C’est quand je l’écris, qu’elle devient belle et que vous tous, vous m’aimez … avec la queue bandante et le cœur endormi de l’homme qui voudrait encore baiser l’ange déchu, et qui voudrait encore rêver d’une vie où moi aussi, je vous aurais aimé à en crever.

Je sais. J’avais dit : pas de musique. Mais finalement j’ai toujours besoin d’écouter une douce mélodie romantique. Normalement je garde celle-ci pour moi même, mais aujourd’hui je la partage ici. Je m’endors avec elle. Elle me calme. Elle me console. Et elle vous remplace tous.

Vous ne savez pas m’aimer, sans maquillage et sans atours.

Pourtant si on m’emmène danser avec elle, et si on sait bien faire, si tu balances ma tête et mon corps, et si tu berces mon âme de ces paroles qui me rassurent … alors on fera ce que tu voudras. Et je grillerai ma vie pour toi.

Embrasse-moi …ou casse-toi.

… J’avais dit que je n’écrirai pas ce soir, et toi et ton absence, tu m’as encore laissée faire. Nuit amère.

 

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Toucher la fille dans la cage

Melody Desranges La Chambre Noire Toucher la fille dans la cage

Quand javais 12 ans, j’ai trouvé un roman érotique sur la table de chevet de ma mère. Je sais qu’elle le partageait avec mon père. Et je sais qu’on en avait délibérément arracher la couverture pour le rendre anonyme.
Comme je commençais à prendre goût à la lecture, j’ai ouvert celui-là à la page 186. Mémoire d’éléphant. Et je n’ai rien compris.
Ah oui, j’ai bien vu que ça parlait de bite. Mais tout était tellement confus. Je me rappelle de quelque chose de tribal. On y parlait d’une déesse. Une espèce de divinité hindouiste. Bref, ça ressemblait à un film de boules des années 70. Avec son lot d’exotisme, de champignons hallucinogènes et de martiens qui envahissent la planète en violant des femmes parfaitement consentantes.
Bon OK, il n’y avaient pas de martiens. Mais il y avait une femme. Et il y avait des hommes.
J’ai refermé le bouquin à la page 188. Et je suis restée bloquée sur l’image de la Petite Shiva toute puissante.

Plus tard, j’ai vécu des histoires. Certaines ont profondément transformé mon âme. C’est quand j’étais fragile qu’ils mont parfois rendues insensible, ou simplement résistante à la douleur … parce qu’il fallait bien survivre. A l’absence, au manque et à la peine … qu’ils m’ont parfois fait subir … pour leur simple plaisir. J’ai aussi appris à être la joueuse que je suis … parce qu’il fallait bien séduire l’amour quand ce bâtard ne veut pas céder à la tentation. Quand ils préfèrent s’enterrer dans des relations communes qui les rassurent et qui les mettent à l’abri des tracas de la rupture.
Je crois pourtant que j’ai toujours été au fond, et j’ai été élevée pour devenir la petite Shiva. A la fois parce que je sais naturellement faire la pluie et le beau temps, et à la fois parce que mes parents m’ont élevée pour subsister en terre hostile comme une guerrière, et pour ramener le désir et l’amour là où il n’y a plus rien.
J’ai retrouvé cette lettre qui m’a fait me souvenir de tout ça. J’aurais dû lui adresser dans l’instant. Je ne l’ai jamais fait après, car ce moment fantasmatique était devenu hors contexte, et hors vocabulaire, de nos conversations d’amitiés sur nos vies de couple respectives. La photo aussi, prise dans le moment, date de cette discussion là.

C’était il y a quelques temps, un dimanche.

Cher Jeremy,
Tu attends de moi des mots, des lignes et des rimes … comme des sillons que je dessine dans mes draps pour t’accueillir. Et des caresses tendres sur ton corps, que malgré moi, je sublime.
Mélody n’aime pas jouer à ces jeux futiles … et tu sais pourquoi ils sont faciles.
Si je voulais que tu tombes amoureux, je n’aurais rien à faire de tout ça. Et si je voulais que tu bandes, je ne te laisserais même pas toucher Calia.
Tu jouirais déjà.
J’écarterais les cuisses … mais pas pour toi.
Je sucerais d’autres mecs … et toi tu ne m’embrasseras même pas.
Ces baisers, je ne les donne, ni ne les distribue pas. Ils s’arrachent et Mélody se laisse faire. Elle résiste un peu. Elle reprend aussi pour voir si tu sais jouer ou pas.
Jeremy, tu aimes quand je dis ça ?
On se retrouvera dans un lieu hostile. Et nos corps encore séparés en deux endroits. Où mes lèvres glissent sur la paroi de verre. Elles sont fines et fragiles. Le rouge s’étale en crasse carmine. Même toi, tu voudrais que je salisse ta queue avec ça.
La buée chaude que j’expire. Et les envies tièdes que j’avale en pensant à toi. Tu ne connais pas le parfum de cette bouche.
Tu ne connais pas non plus. Ma langue, provocante et douce qui veut t’atteindre mais qui ne te goûte pas.
Mes doigts frôlent la surface. Pour que tu crois qu’il veulent s’imprimer sur tes bras. Et dans la transparence, je dépose partout l’empreinte du corps de mon existence.
Regarde moi … Pour que tu t’en souviennes avant que je ne m’en lasse. Dans quelques heures, je serai déjà un rêve qui s’efface.

Jeremy, j’ouvrirai le corsage de la fille sage. Je retrousserai la jupe qui couvrent encore tes doutes. Avec mes seins… je m’écraserai. Contre toi ou ça. Mais c’est le miroir qui m’absorbe. Et c’est l’endroit qui me retient.
Nymphette inconsciente. Mante prisonnière. Femen enragée.

Quand d’autres hommes viendront me prendre. Bien plus dociles et malhabiles. Mais tellement de pouvoir sur cette fille. Tu voudras tous les remplacer. Dans mon cul et dans ma chatte.
Si Mélody te manque, regarde moi … Mes yeux ne trahissent pas. La fille peut jouir de ça.
Jeremy, si tu connais la chambre noire, ne rentre pas.
Je te ferai tellement mal. Que tu m’adoreras.
Du pire aux petites choses banales. Je dévoilerai ses secrets et je viderai le sens de ton âme. Je la remplirai de souffrance. J’atteindrai des sommets de supplice. A en crever, pour que ton corps tombe en délice.

Jeremy, je ne crois pas … que tu aies déjà joui d’une pute comme moi.

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Est-ce que tu bandes … regarde moi

Melody Desranges - La Chambre Noire Regarde mes seins ils bandent pour toi

Brume de minuit.
Terrasse gelée et fauteuils en osier blanchi. La place est presque vide.
Pas grand monde ne sort pour fumer. Quelques gamins descendent une despé.
Personne ne remarque les quelques jeunes filles qui les accompagnent. Elles sont négligées sur le côté des groupes qui braillent. Transparentes pour les jeunes hommes qui ne savent pas encore quoi faire d’une femme. Transparentes à elles mêmes. Elles ignorent encore tout de leur corps. Ni blessure, ni cicatrice. Les envies sont sans amertume et les tortures ne sont pas encore un délice.

… A leur âge, elles veulent encore se ressembler et elles veulent s’absorber dans la masse. Être quelconque au temps qui s’écoule péniblement à coté des gosses qui parlent de jeux vidéos, de foot et de bagnoles. Leur vie, c’est YouPorn.
Elles préfèrent se noyer, au goulot des alcools forts qui démontent leur tête … quand personne ne démonte leur cul. Moi aussi, je les ai connu, les bouteilles de vodka qui remplacent les mecs …Comme on voudrait qu’ils soient, et comme ils n’existent pas.

A 20 ans, tu veux tout faire voir de toi …pour compenser des types comme ça. Jeans déchirés, tes seins dans un tee-shirt d’ado, ton nombril à l’air libre et tes fesses dans un mini short. A 35 ans, tu caches tout. Tu ne sais pas pourquoi tu fais des secrets malgré toi. On te dit déjà à 25 que tu es « mystérieuse » quand tout est déballé dans un string. Alors à 35, c’est peu dire que tu n’as rien soigné de cette maladie-là. L’énigme ne s’explique pas. Comment expliquer que tu es en train de devenir ce que tu es déjà.

Brouillard de nuit et champagne rosé. Le barman me prend pour la bourgeoise pétée de tune que je ne suis pas. C’est la parisienne en week-end et la bouteille, il l’a ouverte pour moi. D’habitude, il dit qu’il n’a jamais vu une femme commander ça. En tout cas, pas toute seule. Pourtant, il me semble que c’est le juste endroit pour endormir ma nuit. Ici. Et je ne voudrais pas une autre berceuse qui m’enivre et qui n’aille pas avec ces lieux, … avec le casino et les tables de jeux, avec les enfoirés qui claquent leur fric et les femmes toutes seules qui boivent du Gin.

Les gosses à la despé draguent la fille qui se balance dans la bulle en osier blanc. Elle n’a rien de spécial. Elle attrape juste les yeux dans le paysage. C’est tellement facile d’avoir l’air d’un fantasme. C’est la faute du cadre.
Elle écrit des choses dans son téléphone. Elle donne des réponses bizarres quand on la questionne. Ils la trouvent intrigante. Elle fait ça tout le temps quand elle ne veut rien livrer. Mais il y en a toujours un ou deux plus résistants que les autres, pour s’intéresser aux huîtres fermées. Ils croient qu’on y trouve des perles rares. Ou alors ils aiment lutter contre des morceaux de caillasse. Ils grattent inlassablement la surface.
… Ceux-là, ils s’ennuient déjà dans cette vie-là. Ils finiront quand même comme tous les autres. Mariés avec quelque chose de facile ou quelque chose de docile quand ils auront rendu les armes. Une femme qui congèle ses légumes pour la semaine. De beaux enfants avec une soif d’apprendre et un besoin d’amour qui remplissent des soirées et des week-ends. Ils les regardent grandir sous un joli toit … traditionnel. Un foyer, c’est fait pour mettre à l’abri des incertitudes, toutes ces innocences fragiles qui doivent s’épanouir sans se douter de quoi que ce soit. Des parents qui ne sentent plus rien, à part le kiffe des pourcentages de croissance et le chiffre de leurs contrats, qui font grimper les primes de fin de mois. Ça durera, ce que ça durera.

Elle s’ennuie aussi alors elle regarde très loin. Tout ce qu’on ne voit pas d’ici. Par dessus ces derniers toits, il y a la mer en hiver. On n’entends même pas les vagues. On devine seulement qu’elles sont là. Elle voudrait marcher seule pieds nus sur la plage, dans le froid et dans la nuit, pour les entendre frapper sur le sable. Et elle voudrait aussi voir Paris. Elle voudrait qu’on l’oublie. Elle ne comprend pas … ce que son corps lui dit.

Ils veulent prendre des photos … pour flatter nos egos sur tous les social media, et pour dire que nous étions ici… un instant improbable entre eux et moi. Ils se rapprochent. Ils tentent des gestes. C’est la concurrence. Et c’est leurs instincts primaires après la bière. Il faudrait que je les calme. En fait, il faut que je m’en aille.
« – Tu as froid ? Tu veux ma veste ?
– Non, prends la mienne, elle est plus chaude. »
Pourtant, c’est inutile. Je ne sens rien et je ne veux rien. Je n’ai pas froid. Il n’y a même pas de vent sur la terrasse de Décembre. Juste un reste de pluie qui goutte ça et là. On dirait que le temps s’est arrêté. Et lasse, je balance encore et encore mon corps dans la bulle en osier.

Je lance un coup d’œil à leurs copines de jeunes filles, toujours aussi délaissées. Je me sens coupable. Je leur dit qu’à leur place, si j’étais un homme, je regarderais ces filles-là. Je leur dis que je suis trop vieille alors qu’elles, elles attendent. Je les vexe pour qu’ils se détachent. J’ai de toute façon des jeux d’amour qu’ils ne comprendraient pas. Ils sont naïfs. Ils sont faciles. Ils ne savent pas séduire. Et ils ignorent le désir.
Mais ils ne me croient pas. J’ai toujours l’air d’avoir l’âge de ces gosses là.

Que pourraient-ils ne pas comprendre qui ne se voit pas ?

 

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On ne baise pas avec les enculés … bis

Melody Desranges La Chambre Noire On ne baise pas avec des enculés Bis
Fatal error.
C’est l’erreur qui fait craché ton système d’exploitation. Quand tu rentres chez toi au milieu de la nuit, que tu n’as pas baisé et qu’il ne s’est rien passé.
Je pense qu’il était un peu trop doux pour moi. J’ai l’habitude des hommes qui possèdent mon corps. J’ai aussi l’habitude de ne pas très bien décider.
… Peu importe. Pas de capote, pas de baise … c’est la règle.
A 4h20, comme d’habitude, je suis déboussolée. J’ai du mal à booker mon Uber. Je ne comprends pas pourquoi il veut m’emmener n’importe où ailleurs que chez moi ?? J’abandonne. Je demande au réceptionniste de me commander un taxi.
Et pendant ce temps, je traîne à l’accueil. Il y a des bonbons sur la grande table du hall et partout des guirlandes lumineuses et des boules miroirs suspendues dans le vide. C’est vrai que Décembre vient d’arriver … déjà. Comment j’ai pu oublié ça ?
J’ai choisi un carambar rose. Il avait un goût dégueulasse. Erreur fatale. Mais qui a eu cette idée de mettre de la noix de coco là dedans ? Ma gorge de bourgeoise bio a l’impression de s’étouffer à l’huile de palme. Et je crois que je viens de perdre une vie en avalant cette cochonnerie.
Fatal error. Ma vie s’est crashée à mille à l’heure sur l’autoroute. Quelque chose m’a déviée de mon chemin ou quelque chose m’a remise sur la bonne route. Je me pose des questions. Est-ce que j’ai eu raison de faire péter mon couple ?
Je n’arrive même pas à le regretter.
Mon ex mec me répète chaque jour que je suis la femme de sa vie. Il me dit que je suis unique. Je lui réponds que je le sais, que ce n’est maintenant plus suffisant et qu’il aurait fallu me le dire avant. Il me dit qu’on aurait dû faire des enfants … sans doute pour m’attacher, et je lui réponds que pour ça, il fallait déjà qu’il me baise. Je cogne là où ça fait mal. Et il a envie de me prendre … simplement pour s’attacher ce qui est en train de lui échapper. Il me dit que je n’aurais pas dû attendre, que j’aurais dû craquer plus tôt pour qu’il puisse s’en rendre compte. Au lieu d’avoir perdu tout ce temps. Toutes ces années silencieuses qui se sont écoulées lentement, où j’ai demandé souvent de connaître la nature de ses sentiments. Sa vraie nature, … le mec crade sous la petite barbe toujours bien taillée, et le mec sous la ceinture, qui drague les gamines quand je fais semblant d’être occupée … Peu m’importe les autres filles, je voulais juste voir ce gars-là, une fois. Et à chaque fois, j’ai rencontré un mur.
Erreur fatale, il n’y a pas d’airbag.
Fatal error. Je suis dans le taxi. Et je suis presque arrivée. Il n’y a pas de chauffage dans la voiture et sur les vitres, il y a de la buée. Je pense en moi-même que j’aurais bien aimé sentir sa queue juste pénétrer dans ma chatte pour savoir. Je pense qu’à l’intérieur, il y a quelques centimètres carrés de ma peau moite qui restent affamés. Je pense qu’il n’était pas prêt.
Je règle 40 euros de course pour 15 minutes de taxi. Et je pense que le chauffeur est un enculé. Et tous les autres aussi.
Je rentre chez moi et je jette une paire de bas déchirés.
Fin de soirée.
 
 
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La peau de Lady crie

Melody Desranges La Chambre Noire La peau de Lady crie 2

Au moment d’ouvrir ce blog avec Calia, nous avions décidé d’écrire chacune un article à tour de rôle. Un espèce de blog à quatre mains … qui était en fait censé accueillir d’autres mains.
Cela fait pour moi maintenant déjà plusieurs tours d’avance. Il faut dire que Calia écrit un post par jour bien qu’elle n’en publie rarement qu’un sur 10 ou 15 … quand elle est satisfaite de l’intrigue, de la rhétorique et de l’analytique. Calia pue la finesse, l’intelligence et la pertinence. C’est juste gavant de savoir qu’elle fait ça sans cesse. A chaque nouvelle journée, du papier et des idées.
Elle écrit pratiquement la plupart de ses posts en rêvassant sous la douche ou en se baladant dans Paris. Pendant que moi, je ne suis capable de pondre des lignes que dans la suite de l’instant présent. Il n’y a pas d’histoire fictive. Ce sont des récits.
Je suis tellement jalouse qu’il m’arrive de réfléchir à des plans … pour l’empêcher d’accéder à la salle de bain le matin et pour faire barrer toutes les rues dans Paris … histoire de me laisser une chance d’écrire quelque chose moi aussi.

Vous me direz que : plus je parle d’elle, et moins j’ai le temps de vous parler de lui. Il me fascine autant que d’autres sujets plus excitants ou plus insolites.
Mais je suis fascinée par elle aussi. Sa façon de marcher dans les rues, sa solitude, toute sa peine qu’elle transporte dans ses mains et toute la joie qu’elle trouve dans un simple café sur le trottoir … et ses grands yeux qui scotchent à l’opportunité quelques regards qui la poursuivent, pas toujours que masculins. La plupart des gens veulent comprendre ce qu’ils voient. Mais personne ne comprendra jamais quoi que ce soit. On peut l’aimer ou l’adorer au mieux, ce sera trop déjà.
Quand on parle d’elle, j’entends toujours dire « la jeune femme ». Personne ne parle de fille, ni de madame. Et c’est peu dire qu’elle en aurait l’âge. Mais le temps, lui, ne la rattrape pas aussi vite qu’elle va.
Ceux qui l’accompagnent danser le soir sont parfois surpris. Il lui suffit de redresser les épaules et de jeter un regard dans la foule masculine pour ouvrir en deux la mer rouge et dessiner un couloir. Peut-être qu’elle se prend pour une autre, et ça marche comme ça.
Il m’est moi même arrivée de l’inviter dans un de mes bars favoris. Là où tout le monde joue à frotti frotta sur des musiques de pétasses pour se frayer un passage … Moi, j’ai besoin de ça et de beaucoup d’alcool aussi, pour oublier ma vie sur le zinc collant et crade. Mais Calia, elle, n’a jamais l’air saoule. Elle n’est jamais malade après une bouteille de vodka. Et jamais vulgairement fondue dans la masse. Elle dit encore des choses intelligentes après tout ça.
Une fois, j’ai un vu un grand type poser l’empreinte légère et subtile de ses doigts sur sa nuque dégagée et offerte à n’importe quel fétichiste des cheveux attachés, pour demander un peu d’espace sans la déranger. Calia a tellement l’habitude de la délicatesse ou des caresses des hommes qui la traitent en princesse… L’habitude que les hommes ralentissent leur route et se donnent du mal pour la faire jouir. Qu’elle se fout de la jouissance. Elle aime l’amour. Et par habitude de la souffrance… ou par habitude des soirs comme celui-là, elle n’a pas vraiment réagi.
Moi j’en aurais mouillé probablement … Fifty Shades of Grey … c’était lui et c’était maintenant. J’arrachais tous les boutons de sa chemise avec les dents.
Mais Calia s’est gentiment déplacée avec un mouvement d’épaule lent et délicat, sans discontinuer de parler, juste conduite dans une danse qu’il semblait maîtriser … il est resté accroché un instant. Attendant une claque ou son regard avec intérêt… ? Tout à coup, Calia a compris. C’était déjà trop tard, c’était l’instant d’avant.
Calia n’a jamais su à quoi il ressemble.
Tout ce que les hommes ne saisissent pas, le corps de Calia ignorent ces visages-là.

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Finir seule ta nuit

 

Melody Desranges - La Chambre Noire Finir seule

Il y a des publications que tu écris un jour. Il te semble qu’elles sont datées invariablement comme pour dans longtemps. Il y a d’autres histoires pour lesquelles tu as besoin d’écrire tout de suite et maintenant. Même s’il est vrai, que j’obéis rarement … à n’importe quel ordre, comme à la chronologie des évènements.
L’instant présent s’ancre dans ma mémoire … pour y revenir un jour sans cesse … peut être pour en vous faire part, ou peut être, la plupart du temps, pour me le garder jalousement. Ce sont des souvenirs comme ça qui vous ramène des années en arrière, finir quelque chose que vous aviez laissé en plan. Vous ne le saviez pas. Vous étiez trop jeune pour ça.

J’ai la tête calée dans l’appui tête du siège arrière. Dans cette voiture avec chauffeur, tout ressemble à un vol long courrier que j’aurais pris sans aéroport, et sans contrôle de passeport. Ça a été trop vite … peut-être au milieu du meilleur moment, on claque la porte. On vient à peine de s’envoler, et je suis déjà partie trop loin. Et chaque minute qui s’évapore est une seconde de ma vie. Peut être le temps s’écoule plus rapidement quand on a bu un peu … moins de quelques verres suffisent pour changer la rythmique des aiguilles du cadran.
Et chaque minute comme une seconde me rapporte à lui. Et chaque envie me commande à lui.
Dis moi Melody… la dernière fois que tu as dit oui, pourquoi c’était facile et pourquoi pas maintenant ? … je parle avec elle comme je parle avec mes envies.
Si c’était un homme … tu lui aurais dit le tort de t’avoir refuser … d’ailleurs y a-t-il un homme qui refuse … et si c’était toi, qu’aurais-tu dit ?
A cette minute banale merdique … Où les smartphones ridiculisent le temps et tous les jet lag entre Hong Kong et New York, Melody crève d’envie. Elle me demande de lui dire … cher homme, m’embrasseras-tu encore ?
Elle demande. S’il te plaît, dis-moi … un jour de l’année prochaine, ou peut être avant.
Quelque chose me dit que oui certainement. Quelque chose d’autre me dit que si c’était un lui banal, je n’aurais pas hésité longtemps.
Je suis en encore dans ce fauteuil et je sais déjà que je n’irai pas me démaquiller ce soir.
Je suis bien trop mûre d’alcool pour faire autre chose que de l’amour. Je ne ferai pas dans le détail.
J’ai voulu mentir. Mais j’ai des envies douces et lourdes qui écrasent mon âme. J’ai cette sensation immense qui me prend le crâne et l’intérieur. Là ou les cuisses se meurent. J’ai ce hum mmm ohhh … qui crache des effluves bouillonnantes dans le fond de mon ventre. Une envie prégnante de prendre un taxi en sens inverse.
Si Melody résiste, forte comme une bonne copine, c’est parce que Natacha est fragile. Parfois, elle ne mesure pas tout. Elle est naïve. Elle comprend après seulement.
… Ce qu’est une main dans une autre.
… Ce qu’est un baiser.
… Ce qu’est la façon dont il est donné.
… La façon dont on voudrait le rendre.
Et surtout … de loin, la façon dont on voudrait le reprendre, pour qu’il dure. Très dur …

Il est 6h44. On est seulement mardi. Et c’est seulement le début de la semaine.
Mais mon corps n’avorte pas ses envies.
Avec la fin du rêve, j’ai connu la suite du moment.
Quatre heures de sommeil suffisent parfois pour vivre encore le reste d’une nuit intense. Où la pièce de vie du boulevard Haussmann domine Paris.
Les lumières de Paname traversent la chambre de part en part. D’est en ouest, j’aime … ces grandes fenêtres et j’aime ces points oranges sur les façades qui déforment la ville. L’attitude des gens, ma tête avec du maquillage, les horizontales plus tout à fait droites.
Dans cette chambre, il me baise. Il est très tard.
Je me rappelle de toutes les positions entre les lignes qu’on veut bien écrire. Et je me souviens de la dernière. Celle où tu t’arrêtes forcément parce que le plaisir est débordant et tu retiens ce dernier va et vient. Tu dois choisir s’il est sage d’obéir à ton corps ou si tu veux encore faire durer cet instant.
Je me souviens du vide béant dans le fond de ma chatte quand il se retire, et je me souviens juste avant de vagues immenses.
La pièce est tellement grande.
C’est tellement de vide autour, que deux corps collés l’un a l’autre et emmêlés dans ces draps ne rempliront jamais. Pourquoi faire tant d’espace … quand le meilleur est dans ma chatte et contre lui.
Et pourquoi faire le réveil …

 

Dehors, Paris ne dort jamais.
Elle m’attend comme le taxi.
Ce matin, elle respire une odeur nouvelle à peine perceptible. Mais je la connais par cœur. Et je vois bien qu’on a bouleversé quelques perspectives.
Le réverbère a-t-il changé de place ? Ou la lumière est-elle plus douce ?
La salle de bain aussi.
On reprendra cette histoire ici, une autre nuit.
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Paris baise Paname

Melody Desranges La Chambre Noire Paris baise Paname

Il fait doux sur la capitale. Mon mug de café latté et moi, nous empruntons l’ascenseur pour la rejoindre. Paname m’attend sur le trottoir.
Il est 10h le matin. La lumière est encore légère et j’ai l’habitude de le boire là. Avant les touristes. Et avant la foule du midi.
Pendant que d’autres travaillent ou fument une clope sous un porche. Moi, je savoure la ville grouillante autour. Les talons plantés dans la dalle. Les bruits incessants, la circulation sur le boulevard, les livraisons en double file, le frôlement des passants pressés, les livreurs paumés, les promeneurs de chiens sans contrainte de temps.
Il y a ceux qui me connaissent de loin et qui font semblant de ne pas me voir. Il parait que je suis la coriace de la boîte du premier étage, que je suis intransigeante et que je ne laisse rien au hasard. Il parait qu’on entend parfois raisonner ma voix. J’en ai viré du monde … « tu t’accroches ou tu pars ».
Et il y a ceux qui me disent bonjour avec qui je n’ai rien à voir. Ils me souhaitent un bon café. Ce sont des passants, des voisins, des coursiers … Parfois ils travaillent dans la même rue, les cols blancs des bureaux d’à côté.
Parfois c’est un jour comme celui-là que l’on s’est croisé.
Au moment où je détaille mon reflet dans la vitrine de la boutique voisine.
J’ai mis une mini jupe … je l’aime bien et ça se voit.
J’ai mis des bottines trop larges pour mes chevilles … j’aime bien aussi quand ça démarque.
J’ai mis des jolis bas noirs opaques.
J’ai réussi mon maquillage.
Je suis Paris.
Le café chaud s’épanouit dans mes veines sales.
Sublime lourdeur de l’âme. Extase infime.
Dans ma tête, j’entends de la musique. Je suis tarée. Et je commence même à danser. Est ce qu’elle bouge bien dans la vitrine, la fille ? Le reflet n’exprime pas le sang qui va et qui vient dans mes reins … j’ai les mains crispées qui cherchent une vague inaudible. Casser les poignets pour suivre des virages insoutenables. Une hanche, s’arrondir, là où il faut glisser. Je suis envoûtée et je suis occupée à rêver.
Je suis la « bonne à jeter » qu’on vient ramasser.
Parfois ils le remarquent.
Parfois ils lâchent une course à faire ou une cigarette à peine commencée.
Parfois ils me proposent un autre café un peu plus tard … au coin de la rue.
J’accepte de les suivre. Et ils m’embarquent ….
… dans une autre histoire
… du vin bon marché qu’on fait teinter, et du soir qu’on veut amer et torturé.
Et je danse des musiques absurdes …
… au son de leurs bouches habiles et de leurs queues bandantes et ivres.

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Le goût de ma chatte

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Cher homme,
Tes mains puissent-elles savoir ? Mon corps est moite.
Je tourne les pages de nos conversations, et j’entrevois des images.
Mes doigts s’enfoncent dans ma chatte. J’ai la poitrine lourde. Et je m’étouffe du plaisir de te sentir … si seulement, c’était toi pour me faire gémir.
Cher amour,
Ta bouche peut-elle y croire ? Ma langue cherche sur mes lèvres le goût de ta peau.
Est ce que de là où tu es, tu m’embrasses ? Moi je te voudrais, presque offert.
Je prendrais ta mâchoire dans mes doigts fragiles. Pour toi, je serais forte en même temps que gracile. J’entrouvrirais ta bouche avec mon souffle. Je caresserais tes lèvres avec ma langue.
Parfois tu me voudras toute entière. Parfois je te donnerais seulement un bout de ma chair. Je te laisserais le droit d’effleurer la peau vierge dans le creux de mes genoux. Je te laisserais le droit de deviner le creux de ma taille quand tu hésiteras … entre mes hanches ou mes seins. Tu finiras là. Je t’interdirais tout le reste.
C’est moi qui monterait ta queue.
Avec le revers de la main, je détournerais ton visage. Je fermerais seule les yeux sur un instant. Les premières seconde où ma chatte apprend de toi jusqu’au fond. Jusqu’où tu vas loin, et à quel moment tu me retiens.
Cher amant,
Ta queue bande-t-elle quand tu penses a moi ?
Est ce que tu imagines ma langue glissante ?
Est ce que ta queue devine l’intérieur humide de ma bouche ?
Est ce que tu m’as déjà rêvée à genoux devant toi ?
 
Moi … j’ai déjà rêvé mes cheveux emmêlés entre tes doigts.
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Les mots dans sa bouche

Les mots dans sa bouche Melody Desranges La Chambre Noire

Les amours de Melody sont sages. Les humeurs de Melody sont malignes.
Quand dans sa tête, il y a trop d’images. Alors Melody écrit avec des mots ce qu’elle aimerait qu’ils lui fassent subir.
Et tant pis pour la rhétorique, la syntaxe et toutes les règles de l’écriture.
Si elle a envie de sa queue au moins deux fois ou trois, elle le répétera.
Jusqu’à ils la prennent en chien. Qu’ils comprennent qu’elle avait envie de ça. Qu’ils se retirent ou la reprennent et qu’ils la laissent souffrir.
Si le manque est trop fort, Melody est saoule du carnage.
C’est comme une envie sur la langue, de prendre la pente glissante. Sucer la hampe. Ils lui donnent à prendre.
Quand c’est trop de mots et pas assez de peau. Alors il lui faut prendre une photo.
Et elle partage. Ce que les mots ne disent pas, les pixels forment des images.
Le grain de sa peau. La tiédeur moite. Tout ce qui coule de sa chatte.

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La noche sagrada, et mon corps aime ça

Melody Desranges La Chambre Noire La noche sagrada et mon corps aime ça

J’ai la tête des poufs qu’on ramasse à la sortie des boîtes, et j’arrive encore à me trouver jolie. J’ai les cheveux en bataille. Je les ramasse de ci, de là. Mes yeux pleurent des miettes de mascara. Je n’ai plus de rouge à lèvres. Je pensais que j’aurais la bouche meurtrie. Il avait une petite barbe. Finalement, ça va.
J’ai la tête de la pouf parfaite. A 6h54, je suis sale. Je vais prendre une douche. Éliminer toutes ses odeurs … et l’eau coule et crisse sur ma peau mais elle n’emporte rien. J’ai l’impression que l’odeur est à l’intérieur de moi. Je le crache à pleins poumons. Il est encore là.
J’ai tiré sur ses clopes alors que je ne fume pas. Il me dit qu’il ne savait pas, et moi non plus, je ne savais pas que j’aurais envie de faire ça.
J’ai passé toute la nuit à le séduire. Voilà deux semaines que je l’ai préparé pour ça … il me dit que ça fait trois. Peut-être. Il me dit que je suis sensuellement « terrible » avec mon corps, mes mains et ma voix. Ça, je le sais. Il me dit aussi que je suis « malheureuse » et que ça se voit. Quoi que je cache, avec mes sourires, ça ne fonctionne pas. Ça, je le sais aussi.
On a fait plusieurs bars. Et même en dessaoulant, je n’ai pas réussi à me calmer. Un photographe amateur est passé. Permission accordée pour lui faire cadeau de nos roulages de pelles sur papier glacé.
Je pourrais fuir. Couper net et rentrer dormir.
Mais je suis un cadeau de pouf tombé du ciel qui ne fait jamais ça.
Pourquoi les serveurs m’apprécient comme si j’étais celle qui tient droit les murs de Paris ? Pourquoi ils se font complices de mon ivresse et ils remplissent mon verre encore et encore, toute la nuit ?
Pourquoi les mecs ont toujours envie de relever ma jupe en public et pourquoi je ne veux pas être un spectacle pour ceux qui ne me gouteront pas ?
Pourquoi à 5h00 du mat sa queue s’enfonce dans ma chatte ? Pourquoi je parle à ce moment-là et pourquoi il bande encore plus dur quand il m’entend dire ça ? Pourquoi il a l’air de me faire l’amour ?
Pourquoi il caresse mon corps après la bataille ? Pourquoi il me regarde me rhabiller ? Pourquoi il ne s’étonne pas que je parte ?
Pourquoi il m’écrit encore un message ? Pourquoi il garde dans sa tête des images … de mon corps, de mon regard ? Celles que je ne donne pas.

L’eau coule … chaude et bruisse … je suis sourde, sereine et calme. A travers la buée, et les perles de rosée sur mon visage, je devine la silhouette du petit félin qui pénètre dans la salle de bain. Il renifle naïvement ma robe émeraude et mes bas jetés là. Quelque chose ne va pas. Quelque chose d’étranger. Ce n’est pas juste de la fumée. Il me reconnaît. Une fragrance … mais des nuances. Un parfum lascif mêlé de sueur et l’alcool qui transpire, quand il a retroussé ma robe jusqu’à ma poitrine. L’animal sait qui je suis, où j’ai été, et avec qui. Il sait bien ou pas si j’ai aimé ça. Il ne le dira pas.

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La fièvre noire et le corps des femmes

Melody Desranges La Chambre Noire Saturday Night Black Fever

Sunday 4:18 am.
I’m totally drunk when I write down tonight. Maybe words will be wrong but feelings you inspired me were right.
We went to restaurant and you let me feed myself with glasses of Bourgogne all night. Somebody told me about this wine one time.
I didn’t speak a lot and you tried to seduce me hard. I don’t know myself what I felt, happy or sad. I just knew how to go mad.
You payed the bill just to show that you were the man. I let you do so. You needed to feel confident to hurt me bad.
Coldness outside was taking me. You pulled my body closer to you. I felt your side, warm. Small steets, silence. Your hand wanted to go inside of my coat. There was no way. You chose my ass.
At the corner, neighbours were going to bed now. You pushed me forward. I hitched up my skirt on my hips. I did this. Where did I get this idea ? You were the lucky bastard. Tasting the view of my arse while my phone was keeping on ringing message, and message.
Two o’clock in the morning, I came back home. My boyfriend questionned. I found out a non-issue to argue. I cried.
Later, I came to the bed. He wasn’t sleeping. He suddenly took my back. And drew my ass to the corner, « an other one here in my flat » I wondered. He took a position on me which he never had before. Holding me dirty, and taking me free to use for men like in the porn movies. He fucked me hard. While he fucked, he said that now I wanted him to fuck me as same every night on and on from now. I didn’t have time to wet, nor he helped me for. I moaned to please slow down. He hurted me deep inside.
On four o’clock, I cried again and I picked up the phone to find any message.

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Les putes ont des sentiments

Melodie Desranges La Chambre Noire Photo amatrice

Je me réveille dans le brouillard des longues nuits qui ne sont pas finies. J’ai le corps déjà chargé de leurs pensées. J’ouvre les yeux. Javais oublié pendant un court moment.
Je sens l’odeur de ma propre peau sous les draps. Un parfum de sucre de celle qui croit se réveiller encore vierge de ses amants. En vérité, il y a déjà du sel partout. J’ai déjà envie d’un corps, d’une queue … j’ai envie de posséder une âme aussi, un peu.
Je sais déjà tout ce qu’il va se passer.
Je ne ferais pas l’amour comme j’en ai envie ce matin. Je n’emporte personne dans mon lit, après le sexe, c’est fini.
Avec certains, j’irais boire un café avant de bosser.
Avec d’autres, j’irais déjeuner.
La journée je recevrai des messages : « Mélody, n’oublie pas de m’envoyer une photo. Prend la n’importe où. Je veux te voir. » « Mélody, vin blanc ou beaujolais ce soir ? » « Mélody, j’arrive pas à penser. Je me fais chier dans cette boîte de m… je vais me casser. Je quitte à 17h45. On se fait un resto/balade/etc… ? » Je répondrais par quelques smileys. Je ne comprends pas. Il le connaissent déjà ce corps. Il ressemble à tous les autres. Il n’y a plus rien de secret.
… … Mais ils savent que je donne quand même. J’aime leurs petits côtés virils qui s’animent un peu pour me plaire, le « pas froid aux yeux » qui se réveille dans la conquête. Et le « pas froid aux mains » un peu rageur qu’ils déchainent pour me soumettre.
Leurs envies m’inspirent les miennes. Quand mon corps n’en peut plus d’être vivant, il doit servir. Il survolte ma tête. Il grille ma vision. J’ai les nerfs en bagarre. Les seins qui bandent. Les vagues dans le ventre. Ma bouche qui veut. Elle murmure à l’oreille des hommes. Elle prend. Et elle me donne … sans mon consentement.
Je ne sais pas ce que je suis. Ni pour moi. Ni pour eux. Ni pour celui qui dort paisiblement la nuit.
Est-ce que je suis salope ? Une femme qui voudrait une autre vie ? Ou une pute qui ne prend pas d’argent ?
Le soir, il y a ceux qui m’attendent. Et il y a ceux qui ne le savent pas encore.
On s’est croisé le matin nulle part et je t’ai fait languir jusqu’au soir. Je t’ai laissé mon numéro parce que tu n’aurais jamais oser le demander. Tu m’as parlé ou bien j’ai croisé ton regard, tu ne sais plus très bien si tu as fait ou dis quelque chose de spécial. D’habitude, ces filles-là, tu ne tentes même pas ou tu y crois a peine. Tu ne sais pas d’où vient cette chance ? Ou bien d’où vient cette fille étrange ?
Moi, je sais.
On se croisera aussi peut-être dans un bar si je m’arrête là. Les regards seront plus nets. On ne détournera pas les yeux cette fois. La petite bourgeoise a des jolies jambes qui ne demandent que ça. Tu lâcheras rapidement cette clope que tu fumais sur le trottoir. Et l’alcool t’aidera.
Est ce que tu me reconnaîtras … si tu me vois ?

#marilynmonroeinsideofmybody

 

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Stop texting … Just fuck me !

Melody Desranges La Chambre Noire Stop Texting Just Fuck me

On m’aborde souvent en message privé. Et rare sont ceux qui ont le plaisir de mon bavardage. Pour ceux qui se le demandent, j’ai autant de conversations intelligibles qu’intelligentes, rigolotes et délirantes, que n’importe laquelle de vos collègues de travail un peu bourgeoises. Il suffit de savoir lire et écrire … … la ponctuation, ça compte aussi.

Avec un tout petit peu de travail de la part des hommes qui m’intéressent, j’ai un autre registre tout autant spécial et j’aime aussi faire passer ce type de message … privé ou public … à savourer sur la table avec illustration à l’appui.

Cher Jérôme,
Je pense a toi. Il est très tard.
Je t’écris et je m’endors en même temps.
Je pense que ta main devrait empoigner fermement le creux de mon épaule.
Et que tu devrais enfoncer ta queue bandante dans ma chatte humide.
Il faudrait que tu me charges bien profond pour savoir si j’aime ça. Quand ma gorge se tendra et que mes seins tressailliront.
Il est 3h26. Je cambre les reins et j’attends tes doigts.

Fuck texting amoureux from Melody

… Vous me demanderez : mais où est le principal intéressé ?!

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Le dress-code de la fille facile

Melody Desranges La Chambre Noire Danse un peu pour voir

Ce soir, il a fait froid. Je suis sortie seule comme d’habitude.
Je préfère faire comme ça.
On est plus libre. On n’est pas parasité par les pauses pipi des copines et l’absence de conversation ne me gêne pas.
J’ai pris des ruelles dangereuses comme d’habitude.
A pieds, et les mains gelées. Si je ne conduis pas, c’est pour ça. Ne pas justifier d’avoir envie du voyage. Il n’y a pas de bon moment. C’est n’importe où, n’importe quand. Et dans n’importe quelle direction que je parte, elles sont sales, ces rues. Ça pue, et rien n’est droit.
Comme d’habitude, je suis la tâche dans le paysage. Ma veste en tweed est trop raide, ou trop propre, je ne sais pas. Mes talons claquent sur les dalles de granit. Ici, les bruits sont normalement discrets sur les trottoirs. Moi, je dérange les oreilles et les regards.
J’ai croisé des gens.
Les mêmes gens que d’habitude. Ceux qui me bousculent parce qu’ils veulent voir de plus près mon visage. Ceux qui ne disent rien, et leurs yeux me suivent aussi à cause de la jupe qui ne dépasse pas. Ceux qui tentent leur chance et qui se contentent d’une réponse banale : « tu ne fais pas partie de mon casting » poliment reformulé dans le « très bonne soirée » d’usage.
Et il y a toujours ceux qui insistent un peu trop. Mais ils n’ont pas compris. Je ne m’arrête pas. J’aime Paris.
Le boulevard de droite, le passage de gauche, le 360 de la terrasse, et le ras du sol quand je pénètre dans ses couloirs.
« Qu’est-ce que tu viens foutre ici, Mélody ? ». C’est la question que j’entends dans ma tête quand ils ne me lâchent pas. Elle prend la voix d’une amie qui aurait du être là ce soir, elle remplace les gros yeux furax de mon père que j’imagine encore derrière moi à mon âge.
… Je leur réponds à moi-même que je poursuis la fille dans le miroir. Elle n’est pas toujours très belle, mais ses rêves continuent de courir. Et je n’ai rien trouvé pour les ralentir.
J’ai continué à marcher jusqu’à ce que les chevilles commencent à tirer. Je n’ai pas mangé. Au prochain coin de rue, le bar était bondé.
Comme d’habitude, pause clope sur le pavé. Les hommes dévisagent la fille qui s’apprête à entrer. Les têtes font des 180 degrés.

Comme d’habitude, tout le monde s’est écarté sur mon passage. Direction le comptoir, commander un verre. La musique est trop forte mais l’alcool me rendra bientôt sourde.
J’ai posé mon sac et quand j’ai relevé la tête, j’ai vu la fille dans le miroir derrière le bar. A cette heure-ci, les nanas sont des poupées de cire que le vent ne décoiffe même pas. Et elle, elle ne ressemblait à rien. Elle n’avait même pas de rouge à lèvres. Elle avait les mèches de cheveux rebelles, et le chignon qui s’écroule.

J’ai sorti mon portable. Le verre est arrivé quand il a délicatement posé trois doigts sur ma nuque. Même pas surprise. J’ai eu honte. Je n’étais pas belle à ce moment-là. Comment pouvait-il poser ses doigts sur moi ?
Ma peau a pris le temps de réfléchir. J’ai fermé les yeux et laisser faire. Un instant pour comprendre que c’était carrément gonflé pour un inconnu sorti de nulle part. Un autre pour finir d’analyser complètement ses empreintes digitales et savoir qu’il faisait partie de mon casting.
J’ai interrogé le miroir. Qu’est-ce qu’elle veut la fille ? Je lui donne ou pas ? On fait chez lui ou chez moi ?

Comme d’habitude j’ai tout lâché là.
Mes cheveux et mes rêves. Je n’ai même pas eu besoin de ma verve séductrice. J’ai juste offert ma bouche. Et il a embrassé grassement la fille dans le miroir. Une main dans ses cheveux et l’autre sur son cul. Il m’a pressée contre sa queue bandante. Et j’ai aimé le spectacle. J’ai eu envie qu’il lui fasse du mal. La fille a ouvert les vannes. J’ai eu les genoux qui tremblent … douce brûlure exquise … amer abyme entre mes cuisses.

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Petite pute, ouvre la bouche

Melody Desranges La Chambre Noire Petite Pute ouvre la bouche

On me demande souvent ce que je recherche. Je ne fais partie d’aucune catégorie. Je ne suis pas BDSM, je ne suis pas shibari, je ne suis pas dominante, je ne suis pas soumise. Je ne suis pas gay et je ne suis pas bi. Je ne rentre dans aucune de ces cases que l’on aimerait bien cocher à ma place. Je suis une fille banale. Et les hommes me baisent comme je suis. C’est comme ça qu’on fait avec une poupée quand on a peur de la casser parce qu’on te l’a prêté. Je n’ai pas encore joui, je suis bandante de naïveté… ils ont déjà fini.
J’ai croisé des mathématiciens qui théorisent la vie. D’autres qui, au contraire, sont montés H24 sur des piles comme des lapins lubriques. D’autres encore que tu n’abordes pas sans le vouvoiement d’usage, et gare à tes fesses si tu es pour la paix dans le monde, les cosmétiques bio et les paillettes bleues sur le cupcake rose. J’ai 35 ans et mes actuels m’offrent encore des Calendriers de l’Avent en chocolat comme à une petite fille (c’est bientôt Noël ding ding ding)… pour que je pense à eux, ou pour me faire plaisir ?!
Je prends le monde comme il arrive. Et je pense que je ne suis pas différente des autres en confessant que l’univers est bien étrange. Peut être que ceux capables de faire subir des supplices à leur corps me fascinent plus que d’autres. Peut être que ces gens-là n’ont jamais assez souffert dans les entrailles de leur chair… : ils n’ont peut être jamais subi d’opération chirurgicale à ciel ouvert et sans anesthésie (ça existe encore …urgence oblige… c’était le « Botswana après la guerre civile ». Ça ressemblait un peu a Jigsaw sans la scie circulaire et avec un bistouri. J’ai quand même eu affaire à un professionnel de la médecine et je n’ai pas de cicatrice).
« Alors tu n’as pas de vices ? » Oh si j’en ai plein, mais je ne vois pas lequel ne serait pas humainement commun. J’aime un peu de ceci, un peu de cela. J’aime l’amour aussi. Et je ne vois pas pourquoi s’enfermer dans une seule de ces pratiques. J’ai croisé des hommes qui aiment te prendre comme une chienne, d’autres qui s’attendent à ce que tu montes leur queue comme « Lara Croft » dans des temples interdits. J’ai connu des hommes agiles qui n’en avaient jamais connu d’autres avant moi et j’en ai croisé aussi des imbéciles qui ne savaient pas se servir correctement de leur dix doigts. Il y en a qui cognent fort et tu pleures en silence en attendant la fin … mais ils t’aiment bien parce que tu es fragile. Il y en a de plus tendres, et ceux-là tu y crois … mais eux, ils ne te respectent pas.
Je pense que l’homme a créé l’art et toutes ces perversités surnaturelles pour qu’elles supplantent l’ennui. Et pour remplir le vide du combat quotidien, comme ça ne lui suffisait pas de jouer seul contre lui même et personne pour le regarder faire, il a ensuite créer l’amour. Pour que son âme ne soit pas vide. Et pour qu’ils dérivent ensemble. L’art et l’amour de l’art. La muse et le fou, un peu plus fort, un peu plus loin, et un peu plus intense là où tu n’irais jamais sans lui … mais pour lui.
Si je ne suis pas capable de me pendre, alors je te donnerai un bout de mon corps … un tatouage sur la cuisse, des bleus sur mes fesses, une brûlure à la bougie, et ma chatte pour te servir.
Je suis une artiste.

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L’image parfaite de la fille stupide

Melody Desranges La Chambre Noire Ne pas te dire
Mélody,
Même si je ne le dis pas et même si j’essaie un peu de lutter contre ça, je pense a toi, moi aussi.
Je te regarde faire ta vie.
Je pense souvent que tu aurais pu (aurais dû?) être ma femme.
Je crois qu’une partie de moi restera toujours amoureux de toi. Et plus je te regarde vieillir, plus je pense que j’ai vraiment été très con. Mais à l’époque, je ne voyais pas d’autre issue à notre relation et je ne crois pas que j’aurais été capable de te rendre heureuse.
Je sais que je t’ai laissée souffrir. Même si ce n’était pas mon intention. Si le monde était mieux fait, j’aurais tout largué derrière moi. Pour toi. Il n’y a rien qui me retenait vraiment. Mais comme je suis plus sensé que ce que je croyais, j’ai pensé que je n’allais quand même pas tout plaquer juste pour te retourner quand tu aurais besoin de ma queue à l’occasion.
Je sais qu’une partie de toi est toujours amoureuse de moi aussi. Et je m’en veux de te faire souffrir même si je ne comprends pas très bien ce que j’ai fait pour te mériter au fond. Je croyais que tu m’aurais oublié depuis tout ce temps. C’est pour ça que je ne te donne pas de réponse. Je ne sais pas comment réagir.
Je sais que tu baises avec tous ces autres mecs parce que je n’ai pas voulu céder avec toi. Je sais que tu veux devenir la femme parfaite pour moi. Tu l’es déjà.
Je pense qu’une femme comme toi doit rester libre. Et c’est peut être ce qui m’a retenu au final. Je savais que j’aurais été obligé de te partager parfois. Je voulais peut être que tu sois ma seule esclave. On ne partage que les gens qui n’ont pas d’importance. Toi, tu es différente.
J’aimerais te voir pour te dire tout ça. Mais je ne peux pas. Je t’ai toujours idéalisée depuis que je t’ai connu. Et pourtant, tu ne parlais pas autant de tes seins à l’époque.
Je ne veux pas détruire ça. Quelque part, une partie de moi préfère te rêver.
Je t’écris tout ça pour que tu le saches et je ne t’enverrai pas ces mots. Parce que je sais que tu le sais déjà. Et parce que ça ne ferait qu’empirer les choses de te les dire.
Quelque part, je serais obligé de reconnaître que tout est vrai. Alors que là, j’imagine que tu n’existes pas.
E alias M
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Le mal de la partager

Melody Desranges La Chambre Noire Le Mal du Partage

As-tu jamais tellement aimé cette femme … que tu l’aurais donnée ? A d’autres hommes. A d’autres mains qui la font frémir.
Non, ce n’est pas toi qui décide du partenaire, ni du jeu, ni de l’endroit. C’est son corps à elle qui choisit. Elle a quelque chose de spécial. Elle n’est pas si jolie. C’est simplement là où elle s’arrête qu’on la remarque. On veut l’avoir … on veut tous savoir … on veut sa folie et tous défauts. On veut juste un tout petit bout de sa peau contre sa queue. On veut savoir ce qu’elle porte, en dessous, et on veut qu’elle l’enlève. On veut son âme au diable. Et on veut qu’elle apprécie. On veut qu’elle en parle.

On ne sait pas comment elle nous charme.
On veut qu’elle morde autant que … tellement à son cul, on peut en vouloir. Que le meilleur, c’est la chasse. Quand tu ne sais toujours pas. Si elle se donnera … ou si elle reprendra tout. Et quand elle se refusera. Même là, encore, tu banderas.
Elle aime comme les enfants. Un jour, c’est la couleur bleu, un jour c’est blanc … Aujourd’hui, tu es là. Demain ?… tu n’existes pas.
Elle veut tout goûter … pour savoir si elle aime ou si elle exècre. Pour en mourir, ou alors revivre. Pour les faire plier … et pour les jeter. Toi, tu as juste l’impression d’être son jouet préféré.
Tout le monde veut la posséder. Et elle a besoin d’aimer. En vérité, elle aime tout le temps. Elle t’aime autant que son corps a besoin d’être vivant … et son cœur en accord d’être arrachée par d’autres hommes.
Pourtant tu l’as méritée, cette fille… Quand est-ce que tu es tombé amoureux ? C’est elle qui a décidé, et c’est elle qui s’est donné la peine de te faire souffrir pour t’apprendre à aimer. Toi, tu l’accompagnes seulement comme un abri dans la solitude. Elle, toute seule, au milieu de ses autres personnalités.

Les autres ne savent pas. Ils ne la connaissent pas comme toi. Ils ignorent la chance qu’elle donne à se laisser toucher. Ils se sentent flattés d’avoir été « sélectionnés » de son intérêt. En fait, elle les choisit par pure opportunité. Le moment présent. L’instant est là. Ils étaient ici et voilà. La plupart en abuse. C’est une petite salope canon. Ce sont des seins qui se donnent. C’est un cul qui se prend. Et ça vaut mieux que celle qui dort à la maison paisiblement.
Ils ne l’apprécient pas comme tu l’aimes. Elle le sait. Elle s’en fout.
Elle ne fais pas la différence. Elle ne veut plus la faire. Elle sait qu’il n’y a pas d’égal. Personne qui ne la vaille. Personne qui ne la fasse rêver. Ni à ce corps qui respire comme il embrasse, ni son âme qui crève d’avoir déjà tellement aimer des amours passés.

Elle donne sa chatte à d’autres coups de boutoirs. Ils la saisissent mal, comme tu voudrais la prendre à leur place ! Elle te fais souffrir. Comme tu voudrais la détruire, quand tu l’entends gémir.
Et pourtant tu sais quelle n’aime que toi, lorsqu’elle te donne sa langue. Quand elle avale ta queue, la suce et la recrache avec les mêmes lèvres fines qui t’embrassent. Quand ta main dans ses cheveux presse encore sur la bouche de cette princesse de pétasse. Et quand tu pètes un câble. Quand tu l’arraches de ta bite par les cheveux, quand elle veut encore l’engloutir, quand tu dois tirer encore plus fort pour la retenir
… tu regardes bien son visage.
… … elle a l’air pourtant si sage.
… … … elle supplie des yeux avec inquiétude.
… … … … la gorge offerte de l’allumeuse crédule.
Que tu veux cette bouche candide. Et sa langue amoureuse et chaude glissant sur la tienne, avec dévotion, pour qu’elle t’appartienne.
Que tu te penches … une main dans sa crinière, une autre qui étrangle ce port de tête fragile.
Et que tu l’embrasses pour la faire mourir… et lâcher prise pour la faire revivre.

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Embrasse-moi où tu veux

Melody Desranges La Chambre Noire Embrasse moi ou tu veux

Il est 3h10, je suis enfin rentrée. Même pas le courage de me démaquiller. Et pour le pyjama, on repassera … je plonge à poil dans mon lit, tête la première dans l’oreiller. Enfin, je « plonge », c’est un bien grand mot … je devrais plutôt dire que je « jette » mon corps, … je « l’oublie ». Advienne ce qu’il adviendra. Si quelqu’un le ramasse, ou quelqu’un me le vole … à ce moment-là, peu m’importe… Je le donne. Servez-vous en, c’est gratuit !!
J’ai la tête engourdie. J’ai beaucoup bu. J’ai beaucoup parlé. J’ai marché aussi.

C’est comme ça que je m’épuise volontairement chaque soir … avec un spécimen du genre de lui. Le mec qui a bientôt quarante piges et qui se plaint de la vie… au lieu de (je sais que vous suivez ma pensée et je vais quand même la concrétiser) … au lieu de sortir sa queue et de s’en servir. Alors je lui dis qu’il est en train de devenir un vieux con. Il acquiesce. C’est une expression qui semble lui convenir.
Je voudrais dormir, please. Mais je ferme les yeux et je ne vois plus qu’une seule chose. Ses lèvres, un sourire en coin. Sa bouche occupe mon esprit. … Mais qu’est-ce qu’on a toutes à focaliser sur le baiser ?! On a 35 ans, merde, et c’est pas bientôt fini d’avoir 14 ans !!
Je me retourne dans mes draps. J’imagine certainement que de l’autre côté, il ne sera pas là. … Je sourcille. C’est un peu le mauvais plan. Le frôlement du drap sur ma peau … j’aurais dû mettre un pyjama …
Il a les lèvres charnues. Je les ai déjà gouté plusieurs fois. Il n’y a pas matière à fantasme; il n’y a rien à découvrir. Pourtant j’ai envie de jouer avec. D’insinuer ma langue. De dire Non ! et puis de faire un mmm qui m’échappe déjà. Il glisse sa main sur ma cuisse … et je résiste contre toutes les déferlantes astro-chimiques qui envahissent mes hanches et tous les cas de force majeure qui ne sont pas prévus au contrat de ce soir-là.
On avait dit quoi la dernière fois ?? On avait dit « c’est la dernière fois » parce qu’il a les mains trop habiles.
Je ferme les yeux; je veux me recroqueviller sous les draps. Fermer la porte, dormir.
Je veux me recroqueviller et en réalité…

… je cambre les reins et je te tends ma poitrine.

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Escape game ou sport de chambre

Escape game ou sport de chambre - La Chambre Noire - Melodie Desranges et Calia JolieLadyAParis

Toute l’intrigue n’est pas dans la question, mais dans la réponse :

petit a. Vous ne comprenez pas le sens des mots escape game. Ce n’est pas grave … vous n’avez pas encore fait la mise a jour du dernier tome de culture G et nous allons y remédier ensemble.

petit b. Vous ne comprenez pas non plus l’expression « sport de chambre » et vous situez cette activité quelque part entre le vélo d’appartement et le changement du linge de lit le dimanche … là, on ne peut plus rien pour votre cas … : « tu sors » … « cherche un autre blog » … « avec des photos de chatons et de chevaux, ou des gifs pailletés de roses rouges par exemple ».

petit c. Vous avez tout saisi mais vous hésitez sur la réponse … vous êtes pile-poil la cible de clientèle de cet article et nous avons bien l’intention de vous aider à prendre une décision … la moins chère possible mais aussi … la plus avantageuse pour l’équilibre hormonal de votre corps et de votre esprit.

A la fin, j’écris souvent n’importe quoi quand je me lance en live sans réfléchir … et c’est ce que je suis en train de faire entre 2 stations de métro. Tout part d’une surprise : il était une fois « en arpentant les grands boulevards » (dixit phrase de parisien même pas truquée) une fille (moi,je) qui tombe sur la devanture d’un escape game adossé à une terrasse de café … une question métaphysique et surtout anthropologique m’assaille : comment choisir entre un verre de vin au grand air et une chambre forte dont la porte se referme sur nous à double tour ? Moi, j’ai choisi …

… une heure plus tard, de prendre le métro. Station Poissonnière. Constat des 6 minutes d’attente à 23h30 : station délabrée ou station de beaufs ? … Une rame de métro de merde bruyante et sale plus tard. Moi bobo de cœur, je me suis sentie insultée dans ma bourgeoi-ttitude et j’ai commencé à écrire sur le sujet.

Le sport de chambre : tout le monde connait. Il y a celui qui date de la perte de notre virginité et de notre première longue relation amoureuse. Ambiance : n’oublie pas de prendre une grande respiration avant les retrouvailles parce que tu vas finir en apnée pendant un long moment (roulage de pelle, roulage de pelle étape 2, sexe intro, sexe encore, sexe toujours … et quand tu croises aujourd’hui de grands adolescents qui se tiennent juste par la main sur le trottoir, tu résistes malgré toi à l’idée de leur demander en souvenir : « Ça y est, ça chauffe un peu ? Ça brûle ou c’est encore agréable ?? » … la vieille emmerdeuse que je suis, putain, frappe-moi si tu peux).

L’autre sport de chambre, c’est celui de tes 30 ans. A 20 ans, tu es idéaliste et tu veux croire que le prince charmant baise comme un dieu. A 30 ans, tu sais que ton meilleur coup est un ex-poto que tu ne peux pas blairer (Ironie du sort, oublie-moi !!!). OK … tu veux bien remettre cette soirée vicelarde sans frontière morale occasionnellement et surtout exceptionnellement … mais alors si tu es vraiment saoule et seulement si tu n’arrives même plus à distinguer l’application Uber sur l’écran de ton smartphone complètement bourré. … bien entendu, ce n’est jamais de ta faute, tout le monde le sait 🙂

L’autre sport de chambre est alors une activité avec des propriétés hautement défoulatoires … : je le définis moi même sous l’appellation de « baise sportive ». Elle oxygène ton cerveau, elle est rentable pour ton système cardio-vasculaire, elle te permet de vérifier que tout fonctionne, et surtout … elle te permet de vérifier la solidité et les fixations aux murs du mobilier de ta maison. Toi aussi, tu vois de quoi je parle si tu as déjà demandé à Jules jusqu’à quel point l’étagère de la bibliothèque était porteuse, et si ton voisin a déjà sonné à ta porte un dimanche matin pour te demander de baisser le son … de la télévision 😉

L’autre sport de chambre est tellement salvateur pour ton esprit qu’à la fin, tu peux même te surprendre à dire a ton mec comme à ton coup du jeudi soir : « c’était cool, je ne fume pas mais là, je me ferais bien un café et une clope ». Et cette activité aussi importante pour ton corps que ton équilibre social, tu en surveilles la fréquence et tu finis par le booker d’avance sur ton planning, alors tu ajoutes :
« lundi je bosse tard …. donc je serai trop fatiguée,
mardi j’ai mon cours de tango argentin … donc je n’ai pas besoin de toi,
mercredi je regarde Grey’s Anatomy … et tu sais que je m’endors toujours dessus à la fin,
MAIS jeudi j’ai bien envie de tester ce resto thaïlandais dont je t’ai parlé … avec en dessert, notre prochaine séance de baise intense. Avec un peu de chance, je serais de bonne humeur si je n’ai pas passé une journée de merde au bureau, et on testera même quelques pratiques inédites ».
Oui, Jules habite chez toi et il ne comprend pas très bien ce qu’il se passe dans ta tête. Mais il acquiesce. De toute façon, Jules acquiesce à tout ce que tu peux demander à ce moment-là … même 2 ou 3 soirs de libre par semaine avec chacun de tes amants à tour de rôle… quand tu le laisses faire ce qu’il veut de ton cul et surtout quand tu t’occupes de sa queue avec dévotion.

Le sport de chambre est un hobby pendant lequel il convient de transpirer … et après lequel les courbatures sont appréciées… et du coup hebdomadaire … parce qu’entre deux, il faut récupérer. … … NB : ça change de tes années d’étudiante quand tu ne pouvais même plus asseoir tes fesses sur une chaise d’amphi l’instant d’après.

A côté de tout ça, il existe un lieu artificiel dont la stratégie marketing est de te faire croire que tu vas frissonner … autant que de faire les courses au Monoprix … : l’escape game. Non ce n’est malheureusement pas une partie organisée de chasse à l’homme, ni un terrain de jeu pour les paintball teams, mais plutôt un kiffe de séquestration collective et volontaire. Une boite de conserve climatisée et sans fenêtre pour les nostalgiques de la naïveté infantile, et surtout pour les traumatisés des parties de cache-cache qui avaient oublié l’excitation fugace du placard et du décompte numérique.

Avant d’entrer … on n’y trouve pourtant aucun avertissement :
Est ce que tu joues encore souvent au Cluedo ?
Est ce que tu aimes toujours les romans policiers même si tu n’as plus 12 ans ?
As-tu déjà essayé avec un sablier … dans un contre la montre ?
Est ce que tu regardes encore Fort Boyard ?
Et est-ce que le Père Fourras est toujours vivant ?

…. Si vous avez une école d’ingénieur à votre cursus, nul doute. Toutes ces questions sont superflues. Vous likez les yeux fermés !!

Pour d’autres comme pour moi, la bonne réponse n’est pas dans l’énoncé. Et vous avez votre propre idée du libellé :

petit d. Il n’est pas question de perdre son temps à faire semblant. Quitte à s’enfermer dans une pièce de 10 mètre carrés … je choisis celle avec une poutre et des cordages … svp pas trop serrés, ça laisse des marques … et si vous faites bien … ou si vous faites mal … je tenterai vainement, mais vraiment de vous échapper 🙂

#shibarilovers … toutes mes amitiés !

 

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Mon amant est un bâtard

Nous deux - La Chambre Noire - Melodie Desranges et Calia JolieLadyAParis

On connait toutes un vrai bâtard.

J’appelle « bâtard » … l’étranger qui en veut étrangement à ton corps … à savoir l’individu que tu définis comme tel en action-réaction dans un contexte relationnel, et par stratégie d’autodéfense immunitaire du moindre centimètre carré de ta peau qui tente de survivre à cette histoire banale.

Toi aussi, tu en connais. Un de ces hommes qui nous inflige la peine maximale … le chagrin d’amour. Encore plus fort que la fois précédente, encore plus renversante que les hormones de ta crise d’adolescence, une fois de plus tellement perverse qui laisse des traces sur ton âme … et pourquoi pas sur ton corps, tu aimes ça … Tu es trentenaire maintenant, tu assumes. Tu es peut-être même en couple, tu as des obligations, des crédits sur le dos et ton banquier est un enculé … mais « ouf, au moins tu n’es pas enceinte » (c’est ce que dirait ta mère et c’est ce que tu penses intérieurement).

Avec ce type de mec, l’Humanité a dessiné son Histoire. Non pas une personne, ni 2 ou 3 … mais tout un consortium de bonnes personnes esseulées qui ont transformé cette douleur à énergie motrice en capacité productive H24 7/7. Le génie a perdu son âme au diable. Shakespeare a écrit Roméo et Juliette, Élisabeth 1ère a fortifié un royaume, Zuckerberg a son Facebook et Patrick Swayze dépucelle une jeune vierge mais « bébé » ne verse même pas une larme sur son départ … Illustration-réaction : on préfère tous bosser plutôt que d’y repenser. On préfère construire, on préfère fuir un souvenir… on n’a jamais été aussi productive sur le PIB national… Tu mérites une médaille ! Et dans cet élan de schizophrénie intense, on fait un pacte avec toutes nos personnalités. L’amoureuse s’endort, la guerrière se lève. On gagne des champs de bataille pour se faire voir « grandie » … de soi-même ou bien de lui. On vit dans une belle baraque, on investit ou on écrit … ici.

Tu peux chercher : tu ne connais pas une seule histoire de cul avec un bâtard qui match un tout petit peu avec tes obligations de la real life … Même dans un monde dé-civilisé, il faut manger, dormir et boire. Et tu n’es plus très sûre d’avoir pu assouvir quelques basic needs comme faire une lessive, ou te nourrir à des horaires réguliers au cours de cette relation impossible… que même n’importe lequel de tes amis parisiens qualifierait de socialement irréalisable. Tu ne te souviens même pas d’avoir eu un job et des collègues pendant ce temps-là … tu étais certainement au chômage.

Pourtant j’ai du respect pour ce bâtard. Au moins autant que pour son talent d’excellence à me faire mal. Un respect aussi profond dans le fond de mon ventre que l’envie et le besoin de remélanger nos corps encore une fois. … Encore une fois, faire l’impasse sur l’étape sommeil … Encore une fois, l’entendre dire je t’aime chaque fois qu’il m’embrasse. Encore un matin, où l’on se sépare en pensant chaque jour, que maintenant c’est différent … et pourtant c’est toujours le même bâtard qui disparait sans trace. 

Et son plaisir, c’est quand la douleur de son absence te fait mal. Quand il est suffisamment intelligent pour le savoir. Que tu sais qu’il n’ignore rien de cette douleur. Que la douleur s’enlise en même temps que le temps passe. Et que le temps s’égrène lentement entre gens intelligents. … point barre.

… et pourtant … je l’aime quand même, ce bâtard.

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